Y a-t-il une lueur d'espoir dans ce monde chaotique ?
 
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 L'étoile et le petit roi - Les frères Black [SPOILER HP7]

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MessageSujet: L'étoile et le petit roi - Les frères Black [SPOILER HP7]   Dim 18 Nov - 20:37

*George entre timidement dans la salle des Fanfictions, ses écrits sous le bras, et regarde si y'a pas trop de monde.* *timide*

Voilà une *petite* fic (One shot pour être précise !) que j'ai écrite il y a quelques mois, après avoir lu le tome 7. Elle contient donc des spoilers de ce dernier tome, mais rien de bien alarmant... Je ne m'attache pas réellement à l'histoire, disons que je me suis basée sur le récit de Kreattur puis que j'ai arrangé les choses à ma sauce pour obtenir une dernière entrevue entre Sirius et Regulus Black.. (Je fais une fixation sur les relations fraternelles, c'est effrayant. XD) Bref, c'est comme ça que j'aurais aimé que les choses se passent, mais j'ai pris quelques libertés par rapport à l'oeuvre, parce que les elfes de maisons ne savent pas désobéir. Pour ceux qui seraient intéressés par le reste de mes fics, le lien de mon compte ff.net est dans mon profil ! =)

N'hésitez pas à réagir et surtout.. Enjoy ! Smile

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L'étoile et le petit roi


Avec des « Si », on pourrait mettre Poudlard en fiole.




« Kreattur, » avait ordonné Regulus, « je veux que tu m’emmènes dans la cave où nous nous sommes rendus avec le Seigneur des Ténèbres. Puis tu inverseras les médaillons, et après, tu repartiras sans moi, et n’en parleras jamais à personne. Tu as compris, Kreattur ? Tu repartiras, sans moi. C’est un ordre. » Il avait peut-être eu du mal à rendre sa voix ferme et donner l’impression qu’il était sûr de lui, mais la lueur résignée qui brillait dans son regard à cet instant et l’expression de solennité qu’il affichait n’avaient pas laissé à l’elfe de maison le loisir de protester.

Un ordre, c’était un ordre, aussi douloureux ou étrange fût-il à accomplir.

Alors Kreattur avait obéi. Il avait conduit Maître Regulus dans la cave et, avec un effroi grandissant à chaque seconde, il l’avait observé boire tout le poison, jusqu’à la dernière goutte. Il avait eu du mal à terminer, d’ailleurs, et l’elfe savait pourquoi. Son maître devait voir des choses affreuses, tout aussi affreuses que celles qu’il avait lui-même vu lorsque le Seigneur des Ténèbres l’avait forcé à boire.

Avec une peine immense, Kreattur voyait son maître pleurer en implorant des fantômes que lui seul pouvait voir. « Non ! Ne me laisse pas ! Ne pars pas, j’ai besoin de toi ! » criait-il entre deux gorgées, la voix entrecoupée par les sanglots. Les larmes roulaient sur ses joues, et venaient se perdre dans le poison que Maître Regulus s’obstinait à boire avec une détermination malsaine. Ce spectacle était si rabaissant que Kreattur avait la furieuse envie de lui arracher la coupe des mains et de tout boire à sa place, pour lui ôter ce fardeau semblait-il si lourd à porter. Maître Regulus avait toujours été bon avec lui, et le fait de le voir aussi frêle, si fragile dans son désespoir, dans la douleur qu’il s’infligeait de son propre chef, cela était si dur à supporter. Si rabaissant pour le jeune Black ! Pleurer ainsi, à genoux, en portant de ses mains tremblantes une coupe qui ne ferait qu’intensifier sa douleur à mesure qu’il y tremperait les lèvres !

Des sanglots secouaient tout le corps de Regulus, et des hoquets lui déchiraient la poitrine. Devant cette vision épouvantable, Kreattur en aurait presque oublié le médaillon factice qu’il tenait au creux de sa main. Il approcha une main tremblante du véritable bijou, celui qui appartenait à Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom, comme si un simple contact physique avait été mortellement dangereux. Un coup d’œil à son maître sanglotant à ses pieds lui rendit du courage. Oh, non, non, Maître Regulus n’aurait pas souffert en vain ! D’une main ferme, il s’empara du médaillon et le remplaça par celui que le jeune Black lui avait confié.

Regulus murmurait des choses incompréhensibles, recroquevillé sur le sol, et se remit à pleurer de plus belle. Un hurlement de désespoir lui déchira la poitrine, un hurlement qui apeura Kreattur avant de lui serrer douloureusement le cœur lorsqu’il l’eut compris. Kreattur aurait pu penser que c’était la folie qui s’emparait de l’esprit de son maître mais, pour avoir testé lui-même les effets de ce poison sournois, il savait que ce n’était pas le cas. Le jeune Regulus appelait son aîné , parce que celui-ci constituait la seule et unique pensée qui pouvait l’obséder jour et nuit, et même maintenant, surtout maintenant, alors que le poison se répandait dans tout son être. Il hurlait le nom de son frère dans l’espoir que celui-ci viendrait le secourir. Il s’excusait de tout ce qu’il avait fait, et de tout ce qu’il n’avait pas fait aussi, et le suppliait de venir, de ne pas partir sans lui, de ne pas lui tourner le dos. Pas encore. Kreattur se demanda si le traître Sirius allait continuer à détruire la vie de son maître même dans les derniers instants de ce dernier.

Le regard de l’elfe se posa sur le médaillon qu’il tenait et il se souvint de sa promesse. A cet instant, alors qu’il réalisait que Regulus trahissait le Seigneur des Ténèbres et déshonorait toute sa famille, il se demanda si tous les ordres étaient faits pour qu’on y obéisse. Il se demanda ce que penserait la Maîtresse si elle venait un jour à apprendre que Kreattur avait abandonné le jeune homme mourant, et surtout, il se demanda si lui, Kreattur, pourrait vivre en sachant ce qu’il avait fait. Voulait-il vraiment garder en dernier souvenir de son maître cette image de celui-ci, suppliant, implorant, oubliant jusqu’à la dernière goutte de fierté qui l’avait si souvent caractérisé par le passé ?

Une petite voix lui susurra : Non.

Non. Kreattur ne pouvait pas laisser Maître Regulus ici. Sûrement pas ! Kreattur ne pouvait pas abandonner son maître, même si celui-ci l’avait ordonné. Kreattur se punirait sévèrement après s’il le fallait, mais Kreattur ne laisserait pas le jeune maître ici !

Ce fut avec cette nouvelle résolution fermement ancrée dans son esprit que l’elfe de maison passa le médaillon autour de son cou pour ne pas être gêné et rattrapa rapidement le jeune mangemort qui rampait déjà vers l’eau, d’où des mains pâles comme la mort sortaient pour l’attirer vers le fond. Il attrapa le bras de son maître et, tout en prononçant milles excuses que Regulus n’entendait même pas, il les fit disparaître tous deux de cet endroit sordide.

La nuit était encore plus noire que lorsqu’ils avaient quitté le Square Grimmaurd, mais ce n’était pas à cet endroit que Kreattur avait choisi de les faire apparaître. Oh, certes, le vieil elfe y avait pensé, mais il savait que si Maître Regulus retournait à la maison, il devrait tôt ou tard fournir des explications à la Maîtresse, et celle-ci serait incontestablement furieuse si elle venait à apprendre que son fils avait trahi le Seigneur des Ténèbres, auquel il avait juré allégeance.

Alors Kreattur avait pensé à lui. Ou plutôt, Regulus lui avait insufflé cette idée à travers ses pleurs et gémissements. Kreattur n’était pas fier, non, non, mais il n’avait pas trouvé d’autre solution. Et si celle-ci ne menait à rien, qu’arriverait-il au maître ?

Le salon dans lequel ils venaient d’arriver était plongé dans l’obscurité. Il régnait un tel silence dans l’habitation que l’elfe se demanda s’il y avait quelqu’un mais, très vite, les sanglots de Regulus reprirent. Dans un effort apparemment douloureux, il parvint à articuler doucement :

« De l’eau.. par pitié, de l’eau.. »

« Oui Maître, tout de suite, Kreattur va vous donner de l’eau.. »

Joignant le geste à la parole, il fit apparaître une coupe remplie d’eau et la porta aux lèvres de son maître pour l’aider à boire. Celui-ci, heureusement, ne semblait pas s’être rendu compte que Kreattur lui avait désobéi, et c’était tant mieux.

Une fois qu’il l’eut fait boire, l’elfe laissa son regard errer sur la pièce tandis qu’il murmurait des paroles censées apaiser Regulus. Il y avait des tas d’objets qu’il n’avait jamais vu auparavant, et il les soupçonna d’être d’origine moldue. A quoi pouvait donc bien servir cette grosse boîte noire posée sur un meuble ? Et cette grosse caisse rectangulaire, là, dans le coin ? Machinalement, Kreattur se renfrogna. Malgré tout ce que la Maîtresse avait pu lui dire, l’intérêt qu’il avait toujours porté à la culture moldue ne semblait pas avoir changé. Pis, son appartement était rempli d’objets crées par la main de ces êtres dénués de pouvoir magique !

« C’est une honte » cracha le vieil elfe, les dents serrées.

« Sirius.. Sirius.. » continuait d’appeler Regulus d’une voix faible.

Pourquoi diable les avait-il amenés ici ? Oh, comme ils auraient été bien mieux dans le confort de la maison des Black.. Comme tout aurait été plus simple si le Maître n’avait pas décidé de se retourner contre Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom.. Beaucoup plus simple..

On alluma soudainement la lumière et Kreattur ferma les yeux en couinant de surprise. Un silence chargé d’incompréhension flotta dans l’air.

« Qu’est ce que vous faites ici, tous les deux ? » demanda abruptement la voix qui venait du palier.

Kreattur se frotta les yeux et quand il put enfin les garder ouverts, il les tourna vers l’endroit d’où provenait la voix. Là, dans l’embrasure de la porte, se tenait Sirius. Ses cheveux en bataille, son torse nu et la baguette qu’il pointait sur eux attestaient qu’ils venaient de le réveiller, de même que la surprise qui se lisait dans son regard. Mais par dessus tout, c’était la colère qui irradiait de tout son être, pas tant causée par l’intrusion d’un elfe de maison et d’un mangemort dans son propre appartement que par la présence de deux des êtres avec lesquels il ne voulait plus avoir affaire. Oui, Sirius Black n’avait pas l’air content du tout.

« Vous devez aider Maître Regulus » croassa Kreattur en essayant de remettre ce dernier sur ses pieds.

« Pardon ? » gronda l’aîné des Black. « Et au nom de quoi devrais-je apporter mon aide à quelqu’un qui s’invite dans mon salon au beau milieu de la nuit ? » Sa voix était pleine de mépris et il n’avait pas daigné poser les yeux sur Regulus pendant qu’il parlait.

« Vous devez l’aider » répéta obstinément Kreattur. « Vous devez aider Monsieur Votre Frère. »

Ce mot fit sursauter Sirius avec autant de violence qu’un sortilège en pleine poitrine. Son visage se ferma encore plus – si c’était possible – et il secoua la tête pour nier ce que l’elfe venait de lui affirmer.

« Non » déclara-t-il fermement. « Je n’ai pas de frère, tout comme je n’ai ni père, ni mère, et vous le savez aussi bien que moi. » Il jeta un bref regard à Regulus, toujours recroquevillé par terre, puis reporta son attention sur Kreattur, indifférent, semblait-il, au sort de son cadet. « Nous avons peut-être le même sang, mais ça ne vaut rien. Ca ne m’engage à rien. »

Il attendit quelques secondes puis s’écarta pour laisser le passage aux deux visiteurs nocturnes, signe qu’il désirait qu’ils s’en aillent. Geste purement inutile, pensa Kreattur. Croyait-il vraiment qu’ils allaient repartir en passant par la porte, et errer dans cet immeuble sûrement infesté de moldus ?

« Je ne lui dois rien » acheva-t-il froidement.

Kreattur s’apprêta à répondre, mais il sentit le bras de Regulus se dégager de ses longs doigts noueux et baissa les yeux vers lui. Regulus, quant à lui, avait levé les yeux vers Sirius comme s’il venait tout juste de se rendre compte de sa présence.

Les regards des deux frères se croisèrent enfin. Pour la première fois depuis qu’ils étaient arrivés ici, et sûrement pour la première fois depuis des années. Le regard de l’elfe de maison passait de son jeune maître jusqu’au jeune homme qui se tenait à l’entrée de la pièce.

L’expression qu’affichait le mangemort était sans conteste emplie de détresse, et les larmes qui avaient laissé des traînées humides sur ses joues lui donnaient l’air plus pitoyable encore. Mais ce regard si sombre était sincère et cela, même Sirius ne pouvait l’ignorer.
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MessageSujet: Re: L'étoile et le petit roi - Les frères Black [SPOILER HP7]   Dim 18 Nov - 20:39

« Sortez de chez moi » articula-t-il sans pour autant quitter son cadet des yeux.

Était-ce vraiment Regulus ? Était-ce vraiment son cadet qu’il avait mis tant de soin à haïr qui se tenait devant lui, prostré sur le tapis de son salon ? Était-ce vraiment son frère qui le regardait, les yeux remplis de larmes, la respiration saccadée et l’air paniqué ? Était-ce vraiment son mangemort de petit frère qui se présentait chez lui en pleine nuit en ayant oublié toute sa fierté, en ayant mis de côté la haine qui les avait opposé depuis tant d’années ? Sirius secoua la tête.

« Sortez de chez moi » répéta-t-il, mais il eut la désagréable impression que son ton n’était plus aussi tranchant qu’auparavant. Non. Ce n’était pas le moment de faiblir..

Le vieil elfe de maison prit le poignet de son maître, résolu à obéir et partir d’ici, puisque Sirius ne voulait pas leur apporter son aide, mais Regulus se dégagea de nouveau, les yeux toujours fixés sur son frère aîné.

Parce qu’à cet instant, il n’était plus que ça. Son frère, son aîné, celui qui viendrait le sauver de ce bourbier dans lequel il s’était enfoncé avant même d’avoir pu en mesurer la profondeur. C’était son frère. Regulus lui avait souvent craché toute sa haine au visage, il le savait, et Sirius avait en réserve suffisamment de raisons qui justifieraient qu’il le repousse durement. Mais c’était son frère. Regulus avait besoin de lui et le poison, à défaut de l’avoir laissé parfaitement lucide, lui avait fait comprendre ça. Il avait besoin de lui, plus que de n’importe qui d’autre, plus que tout ce qu’il avait pu prétendre à ce sujet jusqu’à ce jour.

« Sirius.. » appela-t-il d’une voix étranglée. Était-ce la fatigue ? Ou bien les sanglots qui lui secouaient encore le corps ? « Je t’en prie, me laisse pas.. J’veux pas.. J’veux plus continuer tout ça.. »

« Maître Regulus » intervint Kreattur, craignant que ce dernier ne dît quelque chose qu’il aurait regretté par la suite, « Allons-nous en, Maître. Votre.. frère n’a pas envie de vous aider, inutile de vous rabaisser ainsi devant ce traître à son sang.. Maître Regulus.. »

En temps normal, Sirius aurait bondit à cette appellation et aurait hurlé sur Kreattur. Mais à présent, toute son attention était concentrée sur son frère. Pour la première fois depuis bien longtemps, Sirius Black n’était plus aussi sûr de lui. Son côté Gryffondor fier de lui et rebelle lui susurrait de les faire sortir de chez lui, de gré ou de force, et il l’aurait habituellement écouté. Mais il y avait aussi son côté gamin, ce gamin qu’il était lorsqu’il avait 5 ou 6 ans et qu’il avait enfoui profondément en lui pour ne plus avoir à côtoyer les membres de cette famille qu’il haïssait tant, et pour pouvoir le faire sans avoir de regrets par la suite. Et ce gamin là lui rappela qu’il y a longtemps, il aurait tout fait pour protéger son frère. Ce gamin lui rappela qu’il s’était plus d‘une fois débrouillé pour se faire punir pour deux, afin que son frère n’ait pas à subir les foudres de leur mère. Qu’il s’était plusieurs fois rendu malade d’inquiétude lorsque son cadet était malade et ne voulait pas guérir. Qu’il lui avait fait la promesse, un jour, d’être là pour le sauver lorsqu’il en aurait besoin. Tout ça lui paraissait si lointain, comme s’il l’avait vécu dans une vie antérieure, mais certainement pas dans celle-ci. Quand avaient-ils commencé à se haïr ainsi ? Comment ? Et surtout, pourquoi ?

« J’veux que tu redeviennes mon frère.. » chuchota Regulus, et les larmes recommencèrent à couler sur ses joues pâles, silencieusement cette fois. Il ne l’avait pas dit très fort, mais Sirius avait parfaitement entendu. Kreattur fronça les sourcils, peiné d’entendre ce que son Maître s’abaissait à dire. Le poison, c’était sûrement le poison qui lui faisait dire ça.. Jamais Maître Regulus n’aurait dit ça s’il avait été lucide.

La gorge de Sirius se noua. Il lui était soudainement devenu difficile de déglutir. Respirer lui semblait aussi plus dur que quelques instants plus tôt. Par Merlin, pourquoi devait-il lui dire ça maintenant ? Et de cette manière ? Il savait très bien qu’il n’avait jamais pu supporter de le voir pleurer ! C’était un coup bas, très bas, mais il ne parvenait pas à être furieux contre son cadet. Il n’y arrivait plus. Comme si ces paroles avaient abattu ses défenses pour laisser échapper sa haine et sa rancœur et qu’il ne fût désormais plus capable de les ressentir à l’égard de son frère. Au fond de lui, un petit garçon murmura :

J’veux aussi que tu redeviennes mon frère, Reg.

Et avant même qu’il n’ait pu y réfléchir davantage, il rejoignit son frère en trois enjambées. Maladroitement, il l’aida à se redresser suffisamment pour l’installer sur le canapé. Il contempla un instant le visage baigné de larmes de son cadet, à la fois mal à l’aise et triste de le voir ainsi. Et lorsqu’il se redressa pour aller chercher de l’eau, comme le lui avait conseillé l’elfe, il sentit qu’on le retenait de partir. Il baissa les yeux et soupira doucement, se demandant si tout ça n’était pas un piège, ou une mauvaise blague, ou même un mauvais rêve dont il allait bientôt se réveiller. La main de Regulus était fermement refermée sur un bout de son pantalon pour l’empêcher de s’éloigner de lui. Comme il l’aurait fait lorsque je venais dans sa chambre après un cauchemar, pensa-t-il. Il posa une main sur le front de Regulus, plus pour vérifier qu’il n’avait pas de fièvre qu’en un geste affectueux. Ils s’étaient haï pendant près de 10 ans, il n’allait tout de même pas le prendre dans ses bras comme si leur haine n’avait jamais existé ! Il aurait pu. Mais la situation était bien trop étrange, et tous deux bien trop fiers, pour qu’il ne le fît. Il prit doucement le poignet de Regulus et le força à lâcher son pantalon tout en expliquant d’une voix qu’il s’efforçait de rendre calme :

« Je vais revenir. Je vais juste te chercher un verre d’eau. »

Regulus leva un regard emplit d’incertitude vers lui. Une nouvelle fois, il lui fut difficile d’avaler sa salive.

« Je reviens, » répéta-t-il, et il partit en direction de la cuisine.

Il sentit une bouffée de colère monter en lui lorsqu’il se rendit compte que ses gestes pour prendre des verres dans le placard étaient beaucoup trop fébriles et hésitants à son goût. Il les posa sur le comptoir et s’adossa à celui-ci, le temps de fermer les yeux et reprendre son calme. Il se sentait frissonner, mais était-ce vraiment de froid ? Tout ça paraissait si irréel.. Pendant leur jeunesse, chacun avait tout fait pour sortir définitivement l’autre de sa vie, et voilà que Regulus faisait irruption chez lui, mal en point, et qu’il le suppliait de ne pas l’abandonner. Et voilà que moi, je suis suffisamment stupide et faible pour ne pas le repousser et le chasser d’ici, acheva-t-il en rouvrant les yeux.

Il versa de l’eau dans le premier verre, et s’empara de la bouteille de Whisky Pur-Feu pour remplir le deuxième avec. Il prit celui-ci et le vida cul-sec, laissant l’alcool lui brûler délicieusement la gorge. Au moins, il avait la preuve qu’il ne dormait pas, mais il ne savait pas si c’était une si bonne chose. Il fut tenté de s’en resservir un autre, mais préféra s’en abstenir pour être sûr d’avoir les idées claires.

De retour dans le salon, il aida son frère à boire la moitié du verre qu’il venait de lui servir, et lorsque celui-ci se fût laissé retomber dans les coussins moelleux, Sirius se tourna vers Kreattur.

« Que s’est-il passé ? » demanda-t-il à l’elfe. La question pouvait aussi bien s’adresser à Regulus, mais ce dernier resta silencieux et observa Kreattur, qui semblait soudainement mal à l’aise.

« Le Maître.. » commença-t-il, incertain de ce qu’il pouvait et ne pouvait pas dire. « Le Maître a bu un poison qui lui a fait voir des choses affreuses. Kreattur a déjà été soumis à ses effets, cela passe avec le temps. »

Sirius mit un certain temps à digérer ce qu’on venait de lui dire et tourna la tête vers Regulus pour lui demander si c’était vrai. Celui-ci battit des paupières, mais il n’aurait pu dire si c’était un signe d’assentiment ou pas, tant son cadet avait l’air fatigué.

« Et pourquoi l’avoir amené ici ? Aux dernières nouvelles, nous ne formons pas une famille des plus unies, » demanda-t-il sans pouvoir effacer toute trace de suspicion et de ressentiment de sa voix.

« Kreattur avait peur de ramener Maître Regulus dans cet état à la maison et d’être sévèrement puni par la Maîtresse, » répondit l’elfe en posant ses grands yeux sur Regulus. Ce n’était pas tout à fait un mensonge, mais de toute manière, il n’était plus tenu de dire toute la vérité à Sirius puisque ce dernier n’était plus considéré comme un membre de la famille Black. Le trou dans la tapisserie en témoignait.

« Menteur » siffla Sirius en plissant les yeux. « Walburga se serait fait une joie de soigner son fils, je n’en doute pas une seule seconde. »

« Kreattur doit partir » croassa ce dernier sans chercher à démentir l’accusation de Sirius. « La Maîtresse appelle Kreattur, Kreattur doit retourner à la maison. »

« Non ! » l’interrompit Sirius. « Tu ne pars pas tant que tu n’as pas répondu à mes questions. Qui a empoisonné mon frère ? Et.. » Il fronça les sourcils. « Qu’est ce que c’est que ce collier que tu portes autour du cou ? »

Mais Kreattur ne répondit pas et disparut aussitôt. Toutefois, le sourire qu’il affichait n’avait pas échappé à Sirius, et celui-ci ne tarda pas à comprendre pourquoi : il avait dit « mon frère ». Le vieil elfe avait donc jugé qu’il pouvait s’en aller, puisqu’il venait de reconnaître qu’un lien de parenté existait toujours entre Regulus et lui. L’ancien Gryffondor soupira. Il se retrouvait tout seul pour s’occuper de son cadet.

« Qu’est ce qu’il t’est arrivé ? » demanda-t-il en se tournant vers le jeune homme allongé sur son canapé.

Celui-ci soutint quelques secondes le regard de son aîné, puis posa son bras en travers de son visage, sur ses yeux. Était-ce la fatigue, ou tout simplement la peur d’affronter le regard de son frère et de ce qu’il pourrait y lire ?

« J’ai avalé un poison, j’ai cru que j’allais devenir fou. Je voyais.. » sa voix s’étrangla et il inspira profondément avant de pouvoir continuer, « Je voyais des choses horribles, et au milieu, il y avait toi, qui me tournais le dos et t’éloignais. » Il esquissa un sourire qui se voulait moqueur, mais qui était plein d’amertume « C’est pour ça que Kreattur a décidé de m’amener ici, je crois. Je ne me souviens plus vraiment de ce que je disais. »

La dernière affirmation était un mensonge, mais maintenant que l’esprit de Regulus s’éclaircissait un peu, il ne pouvait se résoudre à avouer qu’il avait appelé son frère comme un môme. Sirius, s’il s’en rendit compte, ne le montra pas et ne fit aucun commentaire, se contentant d’hocher la tête.

« Et le poison ? » demanda-t-il d’une voix rendue rauque par l’inquiétude qu’il tentait de masquer. « Est-ce qu’il est.. » Il laissa sa phrase en suspend, sachant que Regulus comprendrait ce qu’il voulait dire, et n’ayant pas le courage de dire à haute voix ce qu’il redoutait tout bas.

« Non. » Regulus secoua la tête mais s’arrêta bien vite en se rendant compte que cela lui donnait le vertige. « Kreattur y a survécu, et il n’a pris aucun antidote. » Il vit que Sirius allait l’interrompre et continua aussitôt : « J’ai fait des recherches après, il faut juste attendre que ça passe. » Il s’arrêta quelques secondes, le temps de se remettre les idées en place, puis reprit : « C’est une potion hallucinogène, ou quelque chose de ce goût-là. »

Sirius le fixait avec effarement et il fronça les sourcils. Un long silence flotta dans la pièce, pendant lequel l’aîné dévisagea gravement son cadet avant d’exploser avec colère :

« Tu as fait des recherches ?! Tu veux dire que tu savais que tu allais ingurgiter un poison ? Et tu n’as rien fait pour l’empêcher ? » L’Auror fulminait de rage. « Mais tu es encore plus stupide que je ne le pensais ! »

Regulus soupira et ne répondit pas. Que pouvait-il répondre à ça ? Non. La question était plutôt, pouvait-il tout raconter à Sirius ? Il tourna la tête vers ce dernier et l’observa longuement, une expression indéfinissable sur le visage, dans laquelle se côtoyaient la tristesse, l’amertume, le regret et la peur.

Pouvait-il lui avouer que ce soir, il s’était opposé aux Seigneur des Ténèbres ? Pouvait-il lui expliquer qu’il avait été prêt à mourir pour que Kreattur pût s’emparer du véritable médaillon et le détruire ? Comment lui décrire le dégoût qu’il s’inspirait lorsqu’il s’agenouillait devant son Maître, ce Maître qu’il ne voulait pas servir ? L’envie de vomir qui le prenait au ventre lorsque la marque des Ténèbres lui brûlait le bras et se mettait à se mouvoir sur sa peau pâle ? Et surtout, surtout, cette envie de hurler, de pleurer et finalement, de se laisser mourir, lorsqu’il pointait sa baguette sur des gens qui ne lui avaient rien fait, qu’il ne connaissait même pas, et qu’il devait torturer, puis tuer ? Est-ce qu’il comprendrait ? Et si c’était le cas, que pourrait-il y faire ?

Il sentit que les larmes cherchaient encore à couler et les cloisonna de nouveau derrière ses paupières closes.

« Je peux pas t’expliquer » fut la seule explication qu’il eut le courage de fournir à Sirius.

« Non ! » Sirius s’était levé d’un bond et fixait son frère de toute sa hauteur, furieux. « Tu fais irruption chez moi au beau milieu de la nuit, tu pleures, tu me supplies de ne pas partir, de redevenir ton frère, et quand je te demande de m’expliquer ce qui t’est arrivé, tu me dis que tu ne peux pas ? Tu te fous de moi ? »

Il attrapa le bras droit de son frère et remonta la manche sans douceur, dévoilant le tatouage immobile. L’expression de dégoût qui passa sur le visage de Sirius n’échappa pas à son cadet. Et ce fut bien plus douloureux qu’il ne l’aurait imaginé.

« Alors c’était vrai. Tu t’es vraiment engagé. » Il relâcha le poignet de son cadet qui retomba mollement sur son torse, et s’éloigna de quelques pas avant de continuer : « C’est pour ça que tu es là ? Tu n’as pas supporté ce que ton Maître te demandait de faire ? Ou bien tes petits copains mangemorts ont essayé de te mettre hors-course ? » Il fit quelques pas dans la pièce avant d’ajouter, amer : « Ou alors, peut-être même que tu étais censé me tuer, ce soir. » Il fit de nouveau face à son frère et acheva : « Pourquoi t’es là, Regulus ? »
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MessageSujet: Re: L'étoile et le petit roi - Les frères Black [SPOILER HP7]   Dim 18 Nov - 20:40

Pendant la tirade de son aîné, le plus jeune avait eu beau lutter, les larmes s’étaient remises à couler. Mais cette fois, ce n’était plus à cause du poison, et il le savait. Pourtant, la colère de Sirius était telle que cette fois-ci, même les larmes de son frère ne parvinrent pas à le calmer.

« Je sais pas.. Je sais pas.. » murmura Regulus faiblement. « Je peux plus.. »

Des sanglots silencieux lui déchiraient la poitrine et seule sa respiration erratique brisait le silence pesant qui régnait dans l’appartement.

« Il fallait y réfléchir avant d’aller ramper aux pieds de Voldemort, » déclara Sirius avec une cruauté presque malsaine Ces mots semblèrent réveiller Regulus, qui se redressa dans le canapé.

« Je t’en prie, à défaut d’être juste, ne sois pas ridicule ! » cracha-t-il d’un ton qui se voulait hargneux, mais dont l’effet était largement atténué par les traînées humides laissées sur ses joues. « Tu sais aussi bien que moi que quand Bellatrix a quelque chose en tête, ça devient une véritable obsession. »

« Bellatrix ? » souffla Sirius. « C’est elle qui t’a poussé à t’engager ? »

« C’est elle qui a soufflé cette idée à Mère, et celle-ci m’a aussitôt exhorté à le faire. Pour l’honneur des Black, a-t-elle dit. »

« Et tu as obéi, » constata le Gryffondor sans pouvoir cacher sa déception. « Il ne t’est jamais arrivé de faire quelque chose de ton propre chef ? »

« Pas depuis ton départ, non, » rétorqua aussitôt le cadet.

« Où est le rapport ? » demanda Sirius sans comprendre.

Regulus laissa échapper un rire sans joie. « Ca ne t’est jamais venu à l’esprit que toutes les responsabilités que toi, l’aîné, avais fui, retomberaient sur moi, le cadet ? » Sirius ouvrit la bouche pour protester mais Regulus continua : « Tu étais l’aîné, Sirius. Le premier fils. En terme de royauté, je pourrais même dire que tu étais l’héritier, mais je n’irai pas jusque là. Tu sais comment sont les parents, et nos parents en particulier. Ils avaient de grands projets pour toi, et ils étaient toujours partis du principe que tu t’y tiendrais. Ils m’ont élevé aussi, mais en tant que second fils. Et je dois dire que j’étais plutôt habitué à cette situation ! C’était beaucoup plus facile pour moi, de n’être que le deuxième, ca me laissait davantage de liberté. Mais tu n’en as fait qu’à ta tête. Tu as voulu ta liberté aussi. Et toute leur attention s’est portée vers moi. »

« Tu étais fier comme un hippogriffe d’être le centre de l’attention des parents ! » intervint Sirius, et son cadet ne chercha pas à nier.

« C’est vrai. Mais jusque là, j’avais été habitué à marcher dans tes pas, et tout d’un coup, on m’en a empêché. »

« T’as toujours été un suiveur, » continua Sirius, et ce n’était pas une insulte, juste un fait.

Son cadet se contenta de hocher la tête. Il voulait bien faire l’effort de le reconnaître, mais il n’allait sûrement pas l’affirmer haut et fort. « Alors je me suis mis à suivre quelqu’un d’autre, puisque tu n’étais plus là. »

« Les parents. »

Une fois de plus, Regulus acquiesça silencieusement. La colère de Sirius s’était apaisée à mesure qu’il écoutait le récit de son cadet. Un étrange sentiment de culpabilité vint la remplacer. Jamais il n’avait envisagé les choses sous cet angle là. Il s’en était toujours tenu à ce qu’il voyait : l’air suffisant qu’affichait Regulus, sa répartition à Serpentard, la dévotion avec laquelle il exécutait les moindres ordres de Walburga, leurs incessantes querelles, sa fierté à porter le nom des Black. Ce nom que, pour sa part, il n’avait plus voulu dès son adolescence. Il eut une impression dérangeante de vide au creux du ventre. Alors, au final, ils avaient perdu 10 ans à se haïr sur un simple malentendu ? Sirius se sentait merveilleusement stupide. S’il était venu voir Regulus, après qu’il eût été réparti à Serpentard, et qu’il lui avait souhaité la bienvenue à Poudlard au lieu de déclencher instantanément les hostilités, comme il se souvenait l’avoir fait, est-ce que les choses auraient été différentes ? Sûrement. Mais avec des « Si », on aurait pu mettre Poudlard en fiole.

« Je n’ai pas besoin de ta pitié, alors arrête de me regarder comme ça. » Il revint brusquement à la réalité et cligna des yeux. Regulus avait murmuré cette remarque acide, les yeux baissés, mais Sirius n’était pas dupe. Ils pensaient à la même chose.

« Pardon. » Ca ne pesait sûrement pas bien lourd dans la balance de toutes leurs blessures passées, de tout ce qu’ils s’étaient infligés mutuellement, mais c’était sincère.

Regulus ne releva pas les yeux vers Sirius, mais hocha tout de même la tête, signe qu’il comprenait. Comprenait tout ce que son frère avait voulu faire passer à travers les excuses qu’il lui présentait. Comprenait que, de toute manière, ni l’un ni l’autre n’avait envie de s’appesantir là-dessus. Ils s’étaient dit bien trop de choses, lancé beaucoup trop de sorts et fait les coups les plus bas pour avoir envie de les énumérer afin de rendre ces excuses plus convaincantes. Ca ne servirait à rien. Pardon, c’était tellement plus simple et bien plus éloquent que tout le reste. L’un comme l’autre n’étaient pas du genre à s’excuser facilement, et ils le savaient, et cela même donnait à ce simple mot beaucoup plus de sens que tout autre chose. Le plus jeune soupira, puis releva enfin la tête vers son frère et haussa les épaules.

« Y’a pas mal de choses pour lesquelles on devrait s’excuser, je crois. »

« Ca nous prendrait des heures.. »

De petits sourires vinrent relever discrètement le coin de leurs lèvres.

« Moi aussi, » se contenta de dire Regulus, et Sirius acquiesça.

Il n’y avait rien à ajouter. Le Gryffondor revint vers le canapé et, dans un geste que peu de gens auraient cru possible, tendit la main au Serpentard pour l’aider à se relever. Celui l’attrapa et, une fois debout, dut prendre quelques secondes pour retrouver son équilibre. Battement de paupières pour signifier à son frère qu’il n’allait pas s’évanouir.

« Je vais te déplier le canapé, tu n’auras qu’à dormir dessus pour cette nuit. »

Regulus fronça les sourcils et lui lança un regard intrigué, avant de baisser les yeux vers le canapé. Le.. déplier ? Son frère ne parut pas se rendre compte de sa perplexité et, en quelques gestes que le Mangemort aurait été incapable de reproduire par la suite, le canapé était à présent un lit qu’un coup de baguette magique recouvrit de couvertures. Sirius haussa les épaules et commenta négligemment :

« La culture moldue a du bon. »

Si Regulus n’afficha aucune marque de mépris, il ne répondit pas non plus et s’assit sur le lit pendant que son aîné allait lui chercher un vieux pantalon pour dormir. Pour la première fois depuis qu’il était arrivé, il prit le temps d’observer la pièce dans laquelle il se trouvait. A l’instar de Kreattur, il remarqua beaucoup d’objets qu’il n’avait jamais vu auparavant, et dont il ne parvenait même pas à imaginer l’utilité. Une nouvelle preuve, pensa-t-il, de la différence qu’il y avait entre Sirius et lui. Peut-être que, dans un monde où on ne lui aurait pas bourré le crâne de préceptes anti-moldus, il aurait pris le temps de s’intéresser à leur culture. Peut-être. Dans un monde pareil, beaucoup de choses auraient été différentes.

Sirius revint et lui balança le pantalon qu’il avait pu dénicher au fond de son armoire. Le jeune homme s’empressa de se changer, puis s’installa en tailleur sur le lit. Le silence gêné qui flotta entre eux fut brisé par le murmure qu’il laissa échapper.

« Merci. »

L’Auror hocha la tête pour lui signifier que ce n’était pas la peine. Tous deux étaient torse nu, et la peau de Sirius était aussi mate que celle de Regulus était pâle. Et cette pâleur faisait ressortir la marque tatouée sur son avant-bras. Il fixa quelques instants cet affreux tatouage qu’il avait espéré ne jamais voir sur la peau de son petit frère, puis détourna les yeux sans pouvoir cacher son dégoût.

« Elle me fait le même effet, » avoua Regulus, à qui ceci n’avait pas échappé.

« Qu’est ce que tu feras quand Il t’appellera ? » demanda Sirius tout en s’installant dans un fauteuil, en face du lit improvisé. « Je suis Auror, et toi Mangemort. Même si tu es mon frère, je ne pourrai pas t’héberger éternellement. »

Regulus baissa la tête et fixa ses genoux, tout en frottant machinalement la marque des Ténèbres qui ornait son bras.

« Je ne veux pas y retourner. Je peux pas continuer, » dit-il sans oser croiser le regard de son aîné.

« Pourquoi ? » demanda calmement ce dernier.

Le Serpentard releva la tête vers lui et le fixa sans ciller, mais Sirius se demanda s’il le voyait vraiment. La question n’était peut-être pas des plus pertinentes, ni des plus délicates, mais il avait besoin de comprendre. De savoir à quoi il s’engageait en laissant son frère dormir dans son salon pour la nuit, et peut-être les suivantes. Son cadet émit un rire qui sonnait affreusement faux.

« Je ne suis pas assez fort, il faut croire. »

« S’il faut être fort pour s’engager aux services d’un monstre et pour tuer des innocents, alors je ne le suis pas, et j’en suis bien content » ne put s’empêcher de rétorquer Sirius, non sans une pointe de colère.

Regulus soupira lourdement et baissa de nouveau la tête, sans pouvoir supporter le jugement que son frère aîné semblait porter sur lui. Il serra les poings pour contenir la colère qu’il sentait monter en lui. Est-ce que celle-ci était dirigée contre Sirius, pour savoir pointer là où ça faisait le plus mal, ou contre lui-même, pour s’être mis tout seul dans cette situation ? Il n’aurait su le dire clairement. Il y avait tellement de choses contre lesquelles il était en colère. Il inspira profondément avant de pouvoir répondre d’une voix qu’il s’efforçait de rendre calme, sans se rendre compte qu’il frottait toujours la marque sur son bras :

« Je sais. C’est avant, que je n’ai pas été assez fort. Pour refuser. »

« Arrête ça. »

Il releva les yeux pour interroger Sirius du regard. Celui-ci s’était relevé et vint s’asseoir sur le lit à côté de lui. Il lui prit doucement le poignet et l’empêcha de continuer à frotter son avant-bras, une lueur inquiète dans le regard. Sa peau habituellement blanche était à présent rouge, irritée, et un vague sentiment de gêne vint estomper la colère que Regulus ressentait. Les doigts de l’aîné effleurèrent la marque, comme pour effacer la rougeur et apaiser son cadet. Comme pour effacer la marque elle-même et lui rendre sa liberté. Puis il posa simplement sa main sur la nuque de Regulus. Sans s’autoriser à davantage, parce qu’on n’effaçait pas 10 ans en l’espace de quelques minutes, mais c’était ce qu’il considérait comme un geste suffisamment fraternel pour lui prouver qu’il était là, malgré tout.
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MessageSujet: Re: L'étoile et le petit roi - Les frères Black [SPOILER HP7]   Dim 18 Nov - 20:40

« Qu’est ce qu’il y a, Reg.. ? » l’interrogea Sirius dans un souffle.

L’interpelé frissonna et sentit sa gorge se nouer douloureusement. Son regard se perdit dans les prunelles grises de son frère et, l’espace d’un instant, il aurait voulu redevenir un gosse de 4 ans pour pouvoir s’enfouir dans l’étreinte protectrice de son grand frère, sans plus rien avoir à craindre. Mais évidemment, il se dit qu’il n’avait plus 4 ans, et qu’il avait un tatouage sur le bras qui marquerait définitivement qu’en dépit de tout ce qu’ils pourraient faire, ils ne seraient plus jamais des frères comme ils l’avaient été.

« Il y a.. » commença-t-il, mais il se fit aussitôt la réflexion qu’il n’aurait jamais dû ouvrir la bouche. Sa voix lui paraissait trop incertaine, trop cassée pour qu’il fût certain de parler sans perdre son calme.

Il avait l’impression que le mur qu’il avait construit avec tant de soin autour de lui depuis qu’il s’était engagé se fissurait à chaque instant et était prêt à s’écrouler. Et le regard que Sirius lui adressait n’arrangeait rien. Il se pencha en avant et se prit la tête dans les mains, celle de son frère toujours posée paisiblement sur sa nuque, fatigué et las de tout ceci. De tout ce qu’il ruminait encore et encore, mais qu’il n’osait pas exprimer, pour la simple et bonne raison qu’il n’avait personne à qui se confier. De toutes ses craintes sur lesquelles ils ne parvenait pas à mettre de mots, de tous ces doutes et ces regrets qui lui alourdissaient constamment le cœur. Ce soir, il avait envie de pleurer, et tout au fond de lui, il savait que si le poison n’avait plus rien à voir là-dedans, il lui avait au moins fait réaliser qu’il n’y arriverait plus tout seul. Seul, la douleur était telle qu’il avait l’impression qu’il allait devenir fou. Fou à lier. Le contact de la main de Sirius posée sur son cou allégeait un peu ce fardeau, mais ça ne suffisait pas. Il avait tant à dire. Et tout se mélangeait dans sa tête, si bien qu’il ne savait plus par où commencer, ni quels mots employer pour que Sirius comprît ce qui le rongeait depuis trop longtemps. Sa voix était douloureusement monocorde lorsqu’il prit enfin la parole pour expliquer d’un trait :

« Il y a que je n’en peux plus. Il y a que je ne dors plus, et que quand je dors, ce sont toujours les mêmes cauchemars qui reviennent, comme si je ne devais jamais oublier ce que je suis devenu. Il y a que je suis faible, Sirius, trop pour ne pas avoir refusé de m’engager, et pas assez pour pouvoir me soumettre pleinement, sans réfléchir. Et j’ai peur, » avoua-t-il dans un souffle. Il releva la tête pour croiser le regard de son frère, la vue brouillée par toutes ces larmes qu’il contenait depuis si longtemps, et il ajouta : « Je suis mort de peur. »

A nouveau, il eut un rire sans joie, avant d’achever en secouant tristement la tête : « Je suis pathétique. »

« Et c’est maintenant que je te trouve courageux, » s’entendit répondre Sirius. Sa main quitta la nuque de Regulus pour venir s’enfouir dans ses fins cheveux noirs, et celui-ci ferma les yeux sous ce contact. Il se rendit compte qu’il le pensait. Si les rôles avaient été inversés, jamais il n’aurait eu le courage de venir trouver son frère avec lequel il s’était disputé pendant des années, et lui avouer qu’il avait peur. C’était peut-être son côté Gryffondor qui faisait ça, mais il ressentit une bouffée de fierté à l’égard de son cadet qui avait osé reconnaître la peur qui le consumait lentement.

« Je t’ai dit que je ne voulais pas de ta pitié.. » répondit Regulus, mais le cœur n’y était pas.

« Ce n’est pas de la pitié. C’est la vérité. En mettant de côté tout ce que tu as pu faire jusqu’à présent, je trouve ça courageux de reconnaître que tu as peur. »

« Mais ça n’efface pas le reste, » et Sirius ne put qu’acquiescer. « Ca n’efface pas les sorts que j’ai lancé, ni les vies que j’ai prises. Ce sont eux que je vois. Ce sont eux qui m’obsèdent et me hantent lorsque j’arrive enfin à m’endormir. »

« Tous les regrets du monde ne parviendront pas à les faire revenir. » Une fois de plus, ce n’était pas un reproche, juste un fait.

Regulus ferma les yeux, ressentant soudainement tout le poids de la fatigue qu’il repoussait depuis des semaines. « Qu’est ce que je dois faire, alors ? »

Sirius poussa un profond soupir qui chatouilla la peau de son cadet. Que pouvait-il lui conseiller ? Ce qui était juste, ou ce qu’il voulait le voir faire ? Et entre ces deux solutions, où se situait la nuance, la frontière qui les séparait ? Ses yeux gris se fixèrent sur un point invisible, sur le mur.

« Tu ne peux pas retourner là-bas. Tu ne peux pas continuer comme ça. » Son regard revint se poser sur Regulus. « Je veux dire, regarde-toi, tu es maigre, tu as l’air de ne pas avoir dormi depuis des jours, » ou des semaines, pensa-t-il, « Ca finira par te détruire. Que tu y retournes pour accomplir bien sagement ce qu’on te demande, ou pour leur dire que tu veux partir, tu finiras par être tué. »

Ce dernier mot résonna longuement aux oreilles du jeune Mangemort. « Et ce serait si terrible ? » demanda-t-il amèrement.

« Arrête, » ordonna Sirius d’un ton ferme. Pourtant, une pointe d’effroi lui transperça le cœur. « On n’est pas dans un roman dans lequel le méchant expie ses fautes en se laissant tuer. C’est la vraie vie, ici. »

« Parce que tu trouves que tout cela est réel ? Tu crois que c’est normal ? » explosa Regulus. Se soustrayant à la main enfouie dans ses cheveux, il se leva et commença à marcher dans l’appartement. Il tendit le bras pour attirer l’attention de son frère sur son tatouage. « Rien que ça, tu trouves ça normal ? Tu es Auror, et moi Mangemort, et on est là à discuter alors qu’au dehors, nos camps respectifs s’entretuent ! » Il regarda tout autour de lui et continua : « On est en guerre, Sirius ! Il y a des gens innocents qui sont tués, il y en a d’autres qui quittent le pays à chaque instant parce qu’ils ont peur, et il y a un taré qui veut tuer tous ceux qu’il ne juge pas dignes de pratiquer la magie ! C’est vrai, on n’est pas dans un livre, c’est pire encore ! »

« Un taré que tu as accepté de servir, » fit remarquer Sirius. « Tu aurais pu refuser. »

« Et qu’est ce que ça aurait changé ? » rétorqua le plus jeune. « Que je m’engage ou non, quelle différence ça aurait fait ? »

« Tu n’aurais pas à supporter tout ça. Tu n’aurais pas eu à tuer tous ces gens, et aujourd’hui, peut-être que - »

« ET AUJOURD’HUI ILS SERAIENT MORTS QUAND MÊME ! » hurla Regulus avec rage, et Sirius ne put s’empêcher de sursauter. « Que ce soit moi, ou un autre, ils seraient morts parce qu’Il l’aurait tout de même décidé ! Que je sois Mangemort, ou Auror, ou même rien du tout, tu ne vois donc pas que ça ne change rien ? Je ne suis qu’un être humain, Sirius, et ce n’est sûrement pas moi qui ferait la différence. »

« Pour moi, si. »

Cette déclaration prononcée si calmement fit à Regulus l’effet d’un coup de poing dans l’estomac. L’espace d’un instant, il eut l’impression que tout trace d’air avait quitté ses poumons et qu’il avait oublié comment respirer.

« Tu ne t’es jamais demandé pourquoi les Mangemorts devaient porter des masques ? Moi, si, » continua-t-il. « Et j’ai compris pourquoi, il y a quelques temps. »

« Qu’est ce que tu veux dire ? » demanda son cadet dans un souffle.

« Chaque Mangemort que je mets à terre, chaque partisan de Voldemort que je capture.. Malgré tout ce que je pourrai y faire, je ne pourrai jamais m’empêcher d’avoir peur que le masque cache le visage de quelqu’un que je connais. »

« Moi ? »

« Dès que la rumeur qui disait que tu t’étais engagé m’est parvenue, » continua Sirius sans répondre, « j’ai eu beau me dire que ça ne changeait rien, que je n’avais pas à avoir de scrupules, ou même que tu n’aurais jamais été capable de faire une telle chose, je n’arrivais pas à rester totalement indifférent. »

Regulus détourna les yeux, incapable de soutenir plus longtemps le regard de son frère. « Tu m’aurais envoyé à Azkaban, et alors ? »

« Pour qui me prends-tu, Regulus ? » gronda son aîné. « Tu crois que ça ne m’aurait rien fait de savoir que je t’avais enfermé avec les Détraqueurs ? » Le jeune homme baissa la tête. Non. Évidemment, que ça ne l’aurait pas laissé de marbre, même lui le savait. « Les sorts qu’on se lançait à Poudlard, nos affrontements, tout ça, ça n’était que des querelles d’adolescents ! Ca n’impliquait rien d’autre, et on ne risquait pas grand chose, tandis qu’aujourd’hui.. »

« Aujourd’hui, nous ne sommes plus à Poudlard, et plus des adolescents non plus, » acheva Regulus d’une voix basse.

Son aîné acquiesça silencieusement, puis conclut : « Crois-le ou non, mais quelle que soit la haine que j’ai pu te témoigner quand on était à Poudlard, je n’aurais pas supporté de t’avoir envoyé là-bas. Nos parents, Bellatrix, n’importe quel autre Black, oui. Mais pas toi. »

Étrangement, Regulus n’eut pas de mal à le croire. Il l’avait vu quelques fois dans les batailles qui opposaient les Aurors aux Mangemorts. Il avait vu l’acharnement avec lequel il se battait, la puissance qu’il mettait dans chacun de ses sorts, la lueur déterminée qui brillait ardemment dans ses yeux, comme s’il se moquait éperdument des risques. Il n’avait jamais imaginé qu’il pût y avoir autre chose derrière ce qui n’était finalement qu’une façade. En vérité, il avait toujours pensé être le seul à encore ressentir une pointe d’amour fraternel pour Sirius, et maintenant, il réalisait que son frère avait sûrement pensé la même chose de son côté. Il aurait pu trouver un tel quiproquo très amusant, mais il avait plutôt envie d’en pleurer. Comment avait-il pu être aussi stupide ? Et tous deux, aussi bornés ? Lui, il s’était toujours débrouillé pour ne jamais avoir à lancer de sort sur Sirius, mais il en était venu à oublier qu’il avait un masque qui lui cachait le visage. Jamais, pas une seule seconde, il n’avait imaginé que son frère pouvait s’inquiéter de son sort et redouter de le toucher.

Lentement, il revint s’asseoir sur le lit, aux côtés de son frère. Que pouvait-il répondre à ça ? Quand bien même les mots lui seraient venus, il sentait qu’il aurait été incapable de les prononcer. Comme s’il avait lu dans ses pensées, Sirius demanda plus amèrement qu’il ne l’aurait voulu :

« On a été stupides, hein ? »

« Et encore, le mot est faible, » répondit Regulus sur le même ton, tout en hochant la tête.

Son regard se posa sur la main de son frère, plus large, plus éprouvée que la sienne, d’une teinte plus mate, posée sur le matelas. Sans vraiment savoir pourquoi, il posa sa propre main dessus et la pressa gentiment. Peut-être en avait-il simplement assez de toujours savoir pourquoi il devait faire ou pas telle ou telle chose. Peut-être qu’il avait juste envie de faire quelque chose parce qu’il en avait envie, justement. Quoiqu’il en fût, Sirius ne le repoussa pas, et c’était tout ce qui lui importait.

Le silence qui suivit cet échange n’était pas pesant. Au contraire, il était chargé de compréhension, de non-dits pensés tellement fort qu’il semblait que l’autre pouvait les percevoir sans problème et surtout, de ce sentiment que seuls deux frères sont capables d’éprouver l’un envers l’autre. En un sens, c’était rassurant de voir que ni le temps, ni la haine qu’ils s’étaient portés n’avaient pu altérer l’attachement qu’ils portaient l’un à l’autre, même s’il était bien moins difficile de s’en rendre compte que de l’assumer et l’avouer clairement. Les sourires qui arquaient légèrement leurs lèvres étaient d’étranges mélanges de soulagement, de paix et de secrets tus mais donc chacun avait pleinement conscience. Pour la première fois depuis ce qui semblait avoir été une éternité, ils ne se soucièrent plus du lendemain, tout comme ils ne pensèrent plus au passé, et ils se concentrèrent seulement sur cet instant qu’aucun n’aurait pensé voir arriver un jour.

Oh, bien sûr, cela ne dura guère longtemps, mais c’était bien suffisant pour Regulus et Sirius. Ce dernier se leva finalement, faisant grincer les ressorts du canapé-lit, et se tourna vers son cadet.

« Tu ferais mieux de dormir, » murmura-t-il doucement. « Tu as l’air d’en avoir besoin. »

Regulus ne chercha pas à nier : les paroles de son aîné lui avaient fait prendre pleinement conscience de la fatigue qui lui alourdissait à la fois les paupières et chacun de ses muscles. Il acquiesça d’un signe de tête et vint se glisser lentement sous les couvertures, soulagé à la simple idée de passer la nuit dans un endroit où il ne risquait rien, près de son frère. Celui-ci lui ébouriffa gentiment les cheveux, lui souhaita bonne nuit et s’éloigna pour rejoindre sa propre chambre. Si Regulus était persuadé de s’endormir dès qu’il fermerait les yeux, Sirius avait quant à lui la désagréable impression que bien trop de choses tournoyaient dans son esprit pour lui permettre de retrouver aisément le sommeil. Arrivé à la porte, il se retourna et observa son cadet pendant de longues secondes.

« Tu ne me diras pas comment, ni pourquoi tu as été empoisonné, ce soir ? »

Regulus secoua la tête en esquissant un sourire qui se voulait rassurant et assuré, mais il eut l’impression que celui-ci sonnait affreusement faux.

« Non. Je préfère que tu ne saches rien. »

Ce fut au tour de Sirius d’acquiescer, et celui-ci reprit son chemin pour aller dans sa chambre. La voix de son frère l’arrêta de nouveau, mais il n’aurait pu dire si c’était à lui qu’il s’adressait ou bien s’il réfléchissait tout haut.

« Je crois.. » commença Regulus, avant de reprendre en hochant la tête : « J’ai fait ce que je devais faire. Ca ne ramènera pas les gens qui ont été tués, mais j’espère que ça servira tout de même à quelque chose. »

Certes, Sirius ne comprit pas ce que son cadet voulait dire, mais il ne put empêcher une ombre de sourire de passer sur ses lèvres closes. Ils n’avaient pas souvent eu la même notion de ce qui était bien ou mal, mais cette fois-ci, l’aîné des Black savait que si son frère considérait qu’il avait eu raison de faire ce qu’il avait fait ce soir, alors il avait bien agi.

« Tant mieux, » chuchota-t-il à Regulus, et il entra enfin dans sa chambre.

Le lendemain, Sirius Black défendait la cause de son frère cadet devant les membres de l’Ordre du Phénix, et les persuadait de laisser celui-ci se battre à leurs côtés.

La semaine suivante, Regulus Black était tué lors d’un affrontement entre l’Ordre et un groupe de Mangemorts. Torturé, puis tué par les partisans du Seigneur des Ténèbres, ceux-ci ne laissèrent derrière eux qu’un corps sans vie. Ce fut son frère qui le retrouva, et la vision de son propre cadet ainsi mutilé le hanta des mois durant. Ceci ne fit qu’intensifier la haine que l’Auror vouait à Lord Voldemort et ses Mangemorts, et nombreux furent les adeptes envoyés à Azkaban par sa main. Nombreux furent aussi les Mangemorts blessés à mort durant les premières semaines qui suivirent la disparition de Regulus. Si les membres de l’Ordre pensèrent qu’agir ainsi n’était pas la meilleure solution, aucun n’en dit rien, et personne ne chercha à dissuader Sirius de venger la mort de son cadet.

Son petit frère.

Ce petit roi qui avait su abandonner sa couronne pour enfin faire ce qu’il considérait devoir être fait, et qui règnerait pendant longtemps sur le cœur de son aîné.
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